Savoir recruter à l’heure digitale

Fini le temps où l’on se contentait d’attendre le retour des CV et des lettres de motivation après la publication d’une annonce. L’arrivée de digital natives sur le marché de l’emploi a bouleversé les pratiques. Aujourd’hui, plus de la moitié des entreprises de plus de 100 salariés ont recours aux réseaux sociaux pour leurs campagnes de recrutement. Des algorithmes peuvent trier à votre place des milliers de candidatures en un rien de temps en repérant certains mots-clés relevés dans le CV ou la lettre de motivation du postulant. En outre, les nouvelles générations sont plus volatiles que les précédentes et ne croient plus à l’emploi à vie.

Dès lors l’employeur doit être sur tous les fronts, dénicher les talents, peaufiner son image de marque employeur et être plus créatif dans ses propositions d’embauche. Une plateforme comme Glassdoor permet par exemple à tous candidats de consulter la réputation de plus de 600 000 entreprises dans le monde via les avis de leurs employés. Au CERN, les premiers entretiens se font à travers une chaîne YouTube dédiée. Des questions préenregistrées sont mises en ligne par le service des RH, puis le candidat peut ensuite y répondre de chez lui, en se filmant à travers la caméra de son ordinateur. L’audience de l’offre d’emploi est ainsi décuplée et permet à l’employeur d’entrer en contact à moindres frais avec des talents du monde entier. Si les outils de recrutement ont connu une importante mutation, les méthodes de sélection se veulent, elles aussi, de plus en plus créatives.L’armée de l’air australienne qui était à la recherche d’ingénieurs a ainsi caché le numéro de téléphone à appeler pour postuler au sein d’une formule mathématique complexe publiée online.

On le voit, les outils, les méthodes, les critères de recrutement ont radicalement changé. Aux entreprises d’adapter leurs modes de recherche et de sélection aussi rapidement pour ne pas passer à côté des talents de demain.